22. novembre 2008
Communiqué de presse du 22.11.2008
Commentaire de la FSP relatif au rapport «Les hospitalisations en psychiatrie en Suisse, 2000–2006», support de travail 31, Obsan, nov. 2008
La population souffre d’un manque de prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique
Les ré-hospitalisations dans les services psychiatriques augmentent fortement. Le dernier rapport Obsan relatif aux hospitalisations en psychiatrie le prouve. Cette augmentation fâcheuse est la conséquence directe de l'insuffisance de la prise en charge de personnes atteintes de maladies psychiques. Il faut également agir pour la déstigmatisation des maladies psychiques.
(FSP, 22. Nov. 2008) Tout séjour dans un établissement psychiatrique marque pour les personnes concernées - les patients et leurs familles - une coupure lourde qui pèse sur leur vie quotidienne. Pour cette raison, les séjours ne devraient pas se prolonger plus que nécessaire et les ré-hospitalisations évitables doivent à tout prix être empêchées. Mais le manque de fonds et la pénurie chronique de spécialistes qualifiés dans les services ambulatoires et stationaires entraînent une application insuffisante de ces principes fondamentaux clés. Ce n’est pas seulement la relève de psychiatres qualifiés qui manque, mais également celle des psychothérapeutes. Beaucoup de cliniques, institutions, et surtout d’établissements de soins de longue durée ont besoin de davantage de personnel avec une formation en psychothérapie. Les interventions effectuées dans les règles de l’art exigent, en plus d’une formation de haute qualité, également des compétences linguistiques et de la compréhension sociale.
La pression monte, il faut agir Aussi longtemps que les conditions cadre de la santé psychique de la population et pour les malades psychiques ne s’améliorent pas, l’effet tourniquet continuera à prendre de l’ampleur. On entend par effet tourniquet que l’insuffisance du traitement oblige les malades psychiques, à se faire ré-hospitaliser peu de temps après leur sortie.
Les maladies psychiques ne cessent d’augmenter, en particulier les dépressions graves et les démences de longue durée, ces dernières ayant leur origine dans l’évolution démographique de notre population. Il est temps d’accorder enfin davantage d’attention à la santé psychique de la population et de garantir la prise en charge des malades psychiques. Il y a urgence en ce qui concerne les secteurs clé ci-après:
- La prise en charge psychothérapeutique doit être améliorée en termes de qualité et de quantité, autant dans les services internes qu’externes. Dans le secteur des services externes, le bas seuil d’accès de la population aux psychothérapeutes qualifiés n’est pas réglé de manière adéquate: le modèle de la psychothérapie déléguée ne remplit pas les exigences d’une prise en charge appropriée. Par ailleurs, une étude européenne a démontré que 75 % des maladies psychiques ne sont pas, trop tard ou mal diagnostiquées (purement somatique).
- Les conditions cadre de la profession psychiatrique doivent être significativement améliorées afin de remédier au manque de jeunes professionnels.
- Il faut lutter contre la stigmatisation des maladies psychiques. Les associations professionnelles exigent depuis des années de la confédération de prendre des mesures visant là déstigmatiser des maladies psychiques, par ex. sous forme de campagnes de sensibilisation (voir www.aktionsbuendnis.ch).
Pour toute question, veuillez contacter Daniel Habegger, Secrétaire politique, 031 388 88 11 Service médias FSP, 031 388 88 12
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