Berne, le 5 juillet 2006
Prise en charge de la psychothérapie: les patients laissés pour compte
Les modifications de l'ordonnance réglant la prise en charge de la psychothérapie profitent uniquement aux caisses maladies et aux médecins conseils. Les patients sont, une fois de plus, les laissés pour compte. Les modifications décidées par l'OFSP ne font qu'augmenter la charge administrative liée au traitement des dossiers médicaux, ce qui n'engendre pas de diminution des coûts et ne permet ni d'améliorer la qualité des traitements psychothérapeutiques, ni de simplifier l'accès de la population à des soins appropriés.
La Fédération Suisse des Psychologues (FSP) est de l'avis que les modifications de l'Ordonnance sur les prestations dans l'assurance obligatoire des soins ne profitent en définitive qu'aux assurances-maladies et aux médecins-conseil. Comme souvent, les patients sont exclus de toute amélioration du système. Dans sa nouvelle ordonnance, l'OFSP augmente la charge administrative et renforce le rôle des médecins-conseils qui, en règle générale, n'ont bénéficié d'aucune formation complémentaire en psychothérapie. Un psychothérapeute compétent a fait des études en médecine ou psychologie, suivies d'une formation post-grade de plusieurs années dans le domaine de la psychothérapie scientifique. En outre, la nouvelle ordonnance ne garantit en aucune manière un accès facilité de la population à des traitements psychologiques appropriés. En définitive, la nouvelle proposition de l'OFSP ne résout aucun des problèmes actuels.
La FSP ne conteste pas l'importance de communiquer le diagnostic, le concept et le but de la thérapie plus tôt que cela n'a été fait jusqu'à présent. Toutefois, l'expérience montre qu'il n'est pas toujours possible de déterminer l'objectif du traitement au bout de six séances, notamment chez les enfants, par exemple.
Le rôle des médecins-conseil
En principe, l'assurance de base rembourse les psychothérapies effectuées par des médecins au bénéfice d'une spécialisation en psychothérapie ou lorsqu'elles sont déléguées à des psychologues psychothérapeutes. L'actuelle situation permet cependant à des médecins sans spécialisation en psychothérapie de poser le diagnostic et de déterminer la thérapie ou encore la délégation de cette dernière à des personnes insuffisamment qualifiées en psychothérapie. C'est pourquoi la FSP est de l'avis que l'accès des patients à des prestations en psychothérapie qualifiée est insuffisant.
La FSP estime que le conflit d'intérêt auquel seront forcément confrontés les médecins-conseil constitue un vrai problème: quels intérêts pèseront plus lourd en cas de doute – ceux de l'assureur (donc de l'employeur du médecin-conseil) ou ceux des patients?
Dans le but de protéger les intérêts des patients souffrant d'une maladie psychique, il est indispensable que :
- Les médecins-conseil aient suivi une formation en psychothérapie.
- En cas de conflit il soit possible de recueillir une deuxième opinion.
- Les médecins-conseil prennent leurs décisions selon des critères transparents.
- Les médecins-conseil aient la possibilité de contacter directement les patients.
En Suisse, une personne sur deux est atteinte d'une maladie psychique grave au moins une fois au cours de sa vie et cette tendance est en augmentation. Les conséquences sont lourdes non seulement pour les personnes directement concernées et leurs proches, mais aussi pour l'économie nationale. Une raison de plus pour attribuer à la santé psychique et à sa protection une place plus importante dans notre système de santé, surtout si l'on considère que 75 % des maladies psychiques sont détectées trop tard ou pas du tout.
La formation de base, ainsi que la formation continue et postgraduée constituent les instruments principaux pour garantir la qualité des prestations psychothérapeutiques. Afin d'assurer une formation compétente en matière de psychothérapie, il convient d'avoir recours à des psychologues ou médecins ayant suivi pendant plusieurs années une formation continue reconnue en psychothérapie scientifiquement fondée.
Informations: Tiziana Frassineti 079 455 3766 Porte-parole FSP
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La FSP en bref
La Fédération Suisse des Psychologues (FSP) a été créée en 1987 et compte environ 5'500 membres. 1800 membres ont le titre de spécialisation FSP en psychothérapie.
La FSP remplit, entre autres, les fonctions suivantes :
- promouvoir et assurer la formation continue et postgraduée des psychologues universitaires pour garantir la qualification professionnelle,
- faire en sorte que la psychologie soit reconnue en tant que science et profession par la société,
- défendre les intérêts des psychologues exerçant en Suisse tant au niveau cantonal, régional, national qu'international,
- établir un code éthique professionnel (code déontologique) qui doit être respecté par tous les membres.
Pour toutes les questions d'ordre psychologique, la FSP fournit aux médias les coordonnées de spécialistes compétents, et elle est l'interlocutrice compétente pour tous les thèmes afférents à la politique de la santé dans le domaine de la psychologie.
Service de presse FSP Tiziana Frassineti 031 388 88 12 079 455 37 66 info(at)psychologie.ch
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