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      Protection du public contre les sectes et autres «psycho-charlatanerie»
 

Berne, le 6 juillet 1999

Protection du public contre les sectes et autres «psycho-charlatanerie»

La Fédération Suisse des Psychologues (FSP) se félicite de la publication du rapport sur les sectes par la Commission de gestion du Conseil national. Toutefois, c'est avec force que l'organisation faîtière professionnelle, regroupant plus de 4 000 psychologues suisses titulaires d'une formation universitaire, insiste pour affirmer que la protection du grand public contre les psycho-sectes ne pourra être efficace que si l'Etat adopte rapidement une réglementation stricte visant à régler par la loi un marché plus qu'opaque : le « psycho-marché ». C'est la raison pour laquelle la FSP demande une accélération des travaux engagés par le Conseil fédéral, en août 1998, visant l'adoption d'une loi sur la psychologie.

Une société pluraliste offre à ses membres une grande liberté, malheureusement de nombreuses personnes sont rapidement dépassées par celle-ci. Elles sont vulnérables face à des promesses de guérison de toute sorte. La commission de gestion du Conseil national a reconnu que, en la matière, l'Etat avait le devoir de s'engager activement à protéger le consommateur. Dans son rapport, qui vient de paraître, consacré aux sectes ou mouvements détournant les revenus de leurs adeptes en Suisse («Sectes ou mouvements endoctrinants en Suisse. La nécessité de l'action de l'Etat ou: vers une politique fédérale en matière de sectes»), la commission de gestion du Conseil national exige que: «Le Conseil fédéral veille à ce que les lois en vigueur soient mieux respectées, en particulier celles qui protègent les enfants et les consommateurs et, en matière de législation sanitaire, il s'engage en faveur d'une pratique harmonisée des cantons.»

La FSP se félicite de cette exigence. En tant qu'organisation faîtière, regroupant plus de 4 000 psychologues titulaires d'une formation universitaire, c'est avec force et fermeté que la FSP exige que la population soit protégée de ces pratiques « psychologisantes » obscurantistes, sans attendre qu'elle ait subi des dommages du fait de ces pratiques. Ce constat vaut non seulement pour les mouvements sectaires qui ponctionnent les revenus des gens, mais encore pour tout conseil ou traitement psychologique auquel serait soumise la population de ce pays. C'est la raison pour laquelle la FSP demande avec insistance que tous les domaines d'application de la psychologie, y compris la psychothérapie, soient réglés par la loi afin de protéger le public de toute charlatanerie.

Aujourd'hui comme hier, dans notre pays, à l'inverse de ce qui se passe dans les pays limitrophes, le titre de « psychologue » n'est toujours pas protégé au niveau fédéral. Les dispositions réglementaires cantonales font toujours défaut, tout un chacun peut se qualifier de « psychologue » et « traiter » les individus, même sans posséder la moindre formation ! De même, tout le monde sait que certaines psycho-sectes appâtent leurs adeptes en leur proposant un « conseil psychologique » ou des « tests psychologiques ».

Cette jungle opaque qui concerne l'ensemble des domaines d'application « psychologiques » cause d'innombrables dommages et beaucoup de souffrance humaine. En effet, le grand public est, compte tenu de la multiplicité des titres et abréviations, dans l'impossibilité de faire la distinction entre les offres sérieuses et celles qui ne le sont pas. Ce qui vient d'être dit est d'autant plus vrai pour les personnes en situation de crise. Manifestement, nous atteignons là les limites de la responsabilité propre de nos clients. C'est la raison pour laquelle une formation professionnelle strictement réglementée par la loi et débouchant sur un diplôme unique, c'est-à-dire un certificat de capacité fédérale visant à protéger le public, s'impose comme une évidence. Evidence admise par le Conseil fédéral puisqu'il a mandaté, en date du 19 août 1998, l'Office fédéral de la santé publique pour élaborer une loi sur la psychologie. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a, depuis lors, commencé ses travaux.

La FSP demande qu'une réglementation stricte de l'ensemble des applications psychologiques soit rapidement mise en place, car la psyché humaine est un bien fragile. Tout conseil et traitement doit être exercé par un professionnel averti, travaillant à partir de connaissances scientifiquement fondées et modernes. Seule une formation universitaire de plusieurs années, une formation continue visée par des contrôles réguliers ainsi qu'une formation permanente permettent de garantir la qualité de ces prestations psychologiques.

Les psychologues FSP sont tous titulaires d'un diplôme universitaire en psychologie, comme branche principale, leur permettant de transférer ce savoir théorique sur les problèmes pratiques les plus divers. C'est cette flexibilité professionnelle qui distingue le/la psychologue FSP de tout pseudo-psychologue (autodidacte ou même autoproclamé).