Colloque «Vieillir en bonne santé»: l’effet préventif des investissements dans le sport des adultes

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Le colloque FSP «Vieillir en bonne santé» organisé jeudi dernier a attiré plus de 130 personnes. Lors du débat de clôture, tous les intervenants se sont accordés à dire qu’en Suisse, on ne parle pas suffisamment du sport à l’âge adulte.

Mike Martin, du Centre de Gérontologie de l’Université de Zurich, a présenté la nouvelle conception de la santé répandue par l’OMS. Ce changement de paradigme intervient en réaction à l’allongement de l’espérance de vie et à l’augmentation des affections multiples. L’OMS vise ce faisant à préserver la qualité de vie aussi longtemps que possible. Elle ne met donc plus l’accent sur les symptômes à combattre, mais sur les capacités à préserver. Les psychologues pourraient jouer un rôle de pionniers dans cette conception «dynamique et socio-scientifique» de la santé.   

Lors de sa présentation, Achim Conzelmann, de l’Institut des Sciences du Sport de l’Université de Berne, a abordé l’amélioration des aptitudes corporelles via le sport. Il a en outre tenté de déterminer s’il est intéressant de conserver une activité sportive lorsque l’on vieillit. La réponse est la suivante: oui, mais seulement si cette activité sportive procure du plaisir. Des conseils sportifs personnalisés peuvent aider les patients à trouver l’activité qui leur convient. Au cours de l’après-midi, Nina Schorno a présenté via un atelier le concept de conseils sportifs qu’elle a développé à l’Université de Bern.

Chez les patients âgés, il convient de préserver non seulement la santé physique, mais aussi la santé cognitive. Le neuropsychologue Christian Chicherio, de l’Université de Genève, s’est exprimé à ce sujet. Il a présenté de nouvelles approches de diagnostic et de prévention des troubles cognitifs.

Changer ses habitudes est plus facile lorsqu’on est soutenu

La psychologue de la santé Urte Scholz, de l’Université de Zurich, a présenté les résultats de plusieurs études sur le rôle du partenariat dans le changement des comportements liés à la santé. Lorsqu’il s’agit de changer des comportements liés à la santé, comme fumer, pratiquer une activité physique ou changer son alimentation, les résultats sont meilleurs lorsque la personne concernée est soutenue par son partenaire de vie. Les théories classiques du changement de comportement ne tiennent pas suffisamment compte de cet effet positif.

Le débat final a porté sur ce qu’il faudrait faire pour considérer l’allongement de l’espérance de vie comme une chance et en tirer parti. Harry Sonderegger, de l’OFSPO, a affirmé que le sport des adultes pourrait fortement contribuer à l’amélioration de la santé et de la qualité de vie chez les aînés. Personne n’est venu contester l’effet préventif de l’activité sportive à l’âge adulte. Il est donc étonnant qu’en Suisse, seuls 600 000 CHF soient mis à disposition chaque année pour la promotion du sport des adultes, tandis que la pratique du sport par les jeunes est soutenue à hauteur d’environ 100 millions de CHF chaque année par l’intermédiaire du programme «Jeunesse+Sport». Les psychologues (du sport) pourront également assumer un rôle important dans ce domaine. Les participants au débat constatent toutefois que la volonté politique d’investir davantage en matière de prévention fait encore défaut à l’heure actuelle. La réflexion est encore très axée sur les déficits, mais les mentalités changent peu à peu.

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