20.06.2017 / actualisation: 03.07.2017

L’intervention du Conseil fédéral sur Tarmed compromet la qualité des soins psychothérapeutiques

Le Conseil fédéral est intervenu sur la structure tarifaire Tarmed et a proposé de limiter, en psychothérapie, « les prestations en l’absence du patient » à deux heures par tranche de six mois. Cette restriction empêche de réaliser un travail thérapeutique sérieux, car elle rend impossibles le travail avec l’environnement du patient et les personnes de référence, de même que l’évaluation des tests diagnostiques, qui peuvent avoir un enjeu crucial dans ce domaine. Notamment en cas de maladie sévère ou dans la prise en charge des enfants et des adolescents. Dans sa réponse à la procédure de consultation transmise ce jour à la Confédération, la FSP s’oppose aux mesures susceptibles de nuire à la qualité des soins apportés aux malades psychiques.

Une coordination plus importante que jamais

L’importance de la coordination des soins est un sujet régulièrement mis en avant, aussi bien par la Confédération que par les cantons. Une étude publiée par l’OFSP en novembre 2016 avait déjà mis la lumière sur le sous-financement des travaux de coordination et de mise en réseau. Le Conseil fédéral propose à présent de restreindre encore davantage ces prestations. Enseignants ou parents, médecins de famille ou personnes accompagnant les patients atteints de démence : ces restrictions risquent d’avoir pour conséquence la mauvaise intégration de tous ces intervenants dans le réseau de soins, ce qui va à l’encontre des connaissances actuelles en matière d’efficacité du traitement. À terme, cela pourrait conduire au transfert des personnes traitées en ambulatoire dans le secteur des soins en milieu hospitalier, beaucoup plus coûteux.

Un diagnostic sérieux prévient erreurs de traitement et chronicisation

Les tests diagnostiques sont indispensables à la planification et à la mise en place d’un traitement thérapeutique correct et efficace, principalement chez les enfants et les adolescents, mais aussi chez les patients suspectés de souffrir de troubles cognitifs (par exemple de démence). L’évaluation de ces tests est bien sûr réalisée en l’absence du patient, un temps de travail qui entrerait dans le cadre restrictif proposé par le Conseil fédéral. Deux heures par tranche de six mois ne suffisent pas à diagnostiquer des maladies complexes et des troubles. Conséquence : le risque d’erreurs de diagnostic et de traitement, mais aussi de chronicisation, menace.

Informations complémentaires :
Olivier Rüegsegger, Relations médias FSP, 031 388 88 48, info@fsp.psychologie.ch