28.08.2018 / actualisation: 31.08.2018

Échouer avec succès. Lorsque l’échec est un premier pas vers la réussite.

L’art de voir l’échec comme une partie du succès à venir. Apprenez-en plus à ce propos dans le dernier numéro de Psychoscope.

 

Editorial de Joël Frei, publié dans Psychoscope 5/2018

Savez-vous qui est Gilgamesh ? Je ne connaissais que de nom ce roi de Mésopotamie, qui a vécu il y a environ 5000 ans. Jusqu’à ce que je détourne une conversation entre amis pour aborder le sujet de  ce numéro de Psychoscope : les vertus de l’échec.  Une orientaliste m’a alors raconté son histoire.

Gilgamesh était un tyran régnant sur la cité d’Uruk, dans l’actuel Irak. Pour dompter le violent souverain, les dieux lui envoyèrent un compagnon de route, Enkidu. Les deux compères vécurent de nombreuses aventures, mais Gilgamesh conserva son caractère impulsif et chaotique. Quand les dieux tuèrent Enkidu pour que Gilgamesh comprenne enfin le sens de la vie, ce dernier traversa une véritable crise existentielle. La mort de son ami lui fit prendre conscience de sa propre mortalité. Bouleversé, Gilgamesh décida alors de partir en quête de l’immortalité. Mais, lorsqu’il mit la main sur la plante de l’éternelle jeunesse, un serpent la lui déroba. Ce fut un échec retentissant.

Si Gilgamesh était aujourd’hui politicien, on lui prêterait un caractère narcissique. D’après le sociologue allemand Matthias Junge, nous vivons dans une culture de l’auto-illusion et courons sans cesse le risque de nous surestimer. Quant au succès, il revêt désormais une telle importance que nous craignons d’autant plus l’expérience de l’échec.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.  Gilgamesh tenta plusieurs fois en vain de repousser les limites imposées aux hommes. De retour après avoir connu l’échec, il comprit que, pour donner un sens à sa vie, il devait désormais assumer ses responsabilités de roi. Une saine estime de soi, ne trouvez-vous pas ?

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