Psychoscope-Blog: Le modèle de réhabilitation Good Lives Model

Françoise Genillod
Recherche
Psychoscope - Le blog
Fédération
Les fondements du modèle GLM et la désistance offrent un référentiel d’intervention centré sur la personne, ses besoins et ressources sans mettre de côté le principe de la prévention de la récidive.
Immagine
Françoise Genillod-Villard
Psychologue associée FSP-SSPL, criminologue, consultante
/it/node/1988

C’est ce que montre cette étude qui met en avant le modèle GLM comme soutien référentiel dans le cadre de la prise en charge de jeunes mineurs ayant commis des délits à caractère sexuel.  Le GLM est présenté comme un modèle centré sur les « besoins humains fondamentaux », classifiés en 11 types, leur identification et le développement de ressources internes et externes de la personne, tout en visant la réduction des facteurs de risque.


La désistance, quant à elle, « se centre sur les processus de changement qui président à toute trajectoire de vie de l’individu, à ses possibilités de réorientation et à ses transitions identitaires et sociales. » Cette approche relève deux leviers : « l’agentivité » qui se réfère à la capacité d’agir, au sentiment de reprendre le contrôle de sa vie, impliquant un changement en termes d’identité. Le second, est l’espoir d’une vie meilleure impliquant le concept de confiance et croyance en soi à réussir ses objectifs. L’accompagnement ayant comme référence le désistement se focalise sur les compétences et ressources de la personne comme la reconnaissance du processus de réinsertion par le réseau l’entourant. Pour ce dernier point, l’intervenant a donc une posture importante, la qualité de la relation, l’alliance thérapeutique comme l’engagement du thérapeute sont des principes primordiaux pour aider la personne à surmonter ses difficultés et soutenir, ainsi, le processus de désistement.

Les fondements du GLM repose, comme la désistance, sur une idée positive du changement axant les ressources de la personne plutôt que les risques. Selon le GLM, la délinquance générale et sexuelle est à voir comme une stratégie inappropriée pour atteindre les besoins dits primaires. L’accompagnement se centre sur l’acquisition de stratégies prosociales favorisant l’atteinte des besoins et le bien-être et, de facto, réduire l’attrait de la délinquance. Quant aux besoins secondaires, il s’agit de moyens utilisés par la personne pour accéder aux besoins primaires.


Les auteurs relèvent les similitudes entre le GLM et le désistement : vision positive du changement, identification des besoins, responsabilisation active de l’auteur, mobilisation et compétence du réseau professionnel et privé. Ils relatent un exemple pratique de l’implémentation du modèle GLM, adapté aux besoins spécifiques des adolescents, à travers l’exemple clinique de François, 15 ans suivi par G-map, un service spécialisé pour des jeunes ayant commis des délits à caractère sexuel à Manchester. La structure de prise en charge se fait par étape : d’abord l’évaluation des besoins dont la classification a été adaptée et qui comprend les catégories suivantes : m’amuser, réalisation, être ma propre personne, avoir des personnes dans ma vie, avoir un but et changer les choses, être en bonne santé-émotionnelle, sexuelle et physique. Cette évaluation comprend également la formulation du problème et la réflexion sur les hypothèses du comportement problématique (sexuel). Par la suite, se déterminent les besoins à partir d’entretiens semi-structurés visant à établir le Good Lives Plan. Quant aux moyens pour atteindre les objectifs, ils devront être adaptés au jeune, être réalistes et mesurables rendant ainsi la possibilité d’avoir des réussites intermédiaires positives et renforcer le sentiment de capacité de soi.


Cette expérience clinique permet de relever pour les auteurs que les fondements du modèle GLM et la désistance offrent un référentiel d’intervention centré sur la personne, ses besoins et ressources sans mettre de côté le principe de la prévention de la récidive. Même si les recherches actuelles sur la désistance dans le cadre des auteurs mineurs d’infractions à caractère sexuel tout comme l’évaluation de l’efficacité du modèle GLM sont peu nombreuses, il serait intéressant de s’y pencher afin de permettre aux praticiens d’adapter la prise en charge avec des outils nouveaux.
 

Glowacz, F., Puglia, R. & Devillers, B. (2020). Mineurs judiciarisés pour délits sexuels : soutien de la desistance par le Good Lives Model. Criminologie, 53 (1), 127-149. https://doi.org/10.7202/1070504ar 

Commenti

Aggiungi un commento